Mardi 8 juillet 2008
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08:40
Levés de
bonne heure et l'estomac calé par un bon petit déjeuner, nous quittons le camping vers 8h40 en constatant au passage que le petit bâteau blanc que nous avions repéré sur sa remorque est toujours
là, à l'entrée du camp. Est-ce bien lui ?
Quelques minutes avant 9h, à l'extrémité de la route de la pointe de Benedettu, nous
débarquons notre matériel de la voiture lorsque l'épouse et le fils du gérant du restau de Campo di Mare arrivent en 4x4 avec notre paquebot en remorque. C'est bien lui.
Nous sommes restés un moment stupéfaits en les voyant faire demi-tour sur le parking et repartir. Ils voulaient juste
profiter de la forte déclivité de la route, en amont, pour purger le bateau de l'eau qui y stagnait du fait des pluies des jours précédents.
Jean aide à la mise à l'eau du bâteau et a droit à une démonstration de maniement du moteur de 6 CV puis à un petit tour pour la prise en main de
l'embarquation.
De retour sur la plage, nous embarquons notre glacière, mettons nos sacs et l'appareil photo à l'abri dans le caisson étanche et, vers 9h15, munis de quelques consignes et d'une carte
plastifiée des alentours, nous quittons la plage.
Première manoeuvre, basculer le moteur et le verrouiller en cherchant à tâtons la saloperie de petite pièce, mal poussée par son ressort et censée le bloquer à la position idoine (nous nous
apercevrons plus loin qu'en fait le moteur n'était pas dans sa position de croisière mais d'abordage de plage, donc peu efficace et faisons beaucoup de remous). Moteur démarré et, conformément
aux consignes, nous partons perpendiculairement à la côte afin d'aller contourner la grosse bouée jaune qui marque l'entrée du chenal de Benedettu avant de mettre le cap à l'est dans le goulet du
golfe de Porto-Vecchio.
S'être équipé de sandalettes en plastique s'avère une mauvaise initiative, le fond du bateau est crado et mouillé et çà dérape dangeureusement. Nous en déduisons que ce bâteau vit sa première
sortie de la saison.
Nadine prend les commandes et, parallèlement à la côte, nous mettons le cap sur
Cala Rossa. La petite plage quasi innaccessible qui précède la "notre" apparaît très vite (nous nous y arrêterons au retour).
Immédiatement après on reconnait les blocs rocheux entre lesquels nous avons
l'habitude de nous installer (tout à fait à droite de la photo de gauche).
Sur la photo de droite, le large ! Sur le côté gauche (faudrait dire babord !) le phare que nous voyons au loin tous les jours, c'est le phare de la "punta San Ciprianu". A tribord, la "tour"
ressemblant aussi à un phare et que nous voyons aussi à chacun de nos séjours à la plage de Cala Rossa.
A partir de là, nous entrons dans des lieux inconnus et il manque, comme d'habitude,
des cartes. En voila deux, celle de gauche étant la partie sud de notre expédition, celle de droite sa partie nord.
Notre parcours de la journée y est fléché.
Le lecteur curieux notera soigneusement la position de l'accensseur de droite pour revenir aisément à ces cartes auquelles nous faisons références dans ce reportage.
Voici, pris de plus près lors de notre sortie de la baie, le phare de le pointe de
St Ciprien et la tourelle, construite sur des rochers affleurants et donc nous n'avons nulle part trouvé le nom. Nous entamons une boucle au large destinée à faire le tour de cet ilôt.
Remontant vers le nord, après l'ilôt et sa tourelle, nous tombons sur une manif de
mouettes en pleine pêche. Ils y en a des dizaines accompagnées de quelques cormorans. On en distingue un à gauche de la photo de gauche. Sur la photo de droite, on peut constater à quel point le
décollage d'un cormoran est laborieux !
Nous retournant vers le sud, nous apercevons (photo de gauche) le cap qui marque
la sortie sud du golfe de Porto-Vecchio et quelques une des iles Cerbicales que l'on voit nettement mieux depuis la plage de Palombaggia. Sur la photo de droite, une autre photo du phare de la
pointe St Cyprien.
Nous n'avons pas encore atteint la baie de San Ciprianu quand nous passons devant
ce tas de roches sur lesquelles a été construite ce mur qui est probablement celui d'une terrasse construite par les propriétaires de la petite maison planquée dans le bouquet d'arbres (photo de
gauche).
Nous approchons de la baie de St Cyprien [pour habituer un peu nos lecteurs au vocabulaire corse (à moins que ce soit pour les perturber !), nous employons à dessein soit les noms corse soit leur
traduction française]. Nous avions repéré sur la carte une petite anse sableuse. La voici et nous piquons vers elle pour jouer aux Robinson d'opérette. Il n'est que 10h20 et la plage est
déserte. C'est vrai qu'à part un accès par les rares propriétés voisines on ne peut atteindre cette crique que par la mer.
C'est vrai qu'on se sent loin de Porto-Vecchio sur cette bande de sable.
Première vue complète de notre canot depuis l'extrémité sud de la plage puis de son extrémité nord.
Il est 11h15, nous n'avons pas seulement à faire du bronzage intégral et il nous
faut nous décider à quitter ce lieu hidylique pour atteidre l'entrée sud de la baie de San Ciprianu.
Nous longeons à bonne distance le fond de la baie et arrivons à son extrémité
nord. Nous pourrions passer directement la punta d'Arasu mais décidons de passer entre les deux iles, celle de San Ciporianu et celle de Cornuta. Nous laissons l'ile de St Cyprien à tribord et
entamons le tour de l'ile de Cornuta. On voit l'extrémité de la première et la totalité de la seconde sur la photo de gauche. Celle-ci passée (photo de droite), nous nous rabattons vers la pointe
d'Arazu et remontons vers le nord.
Il est déjà midi moins cinq lorsque nous atteignons ce petit cap mais le bateau
ne cesse de monter, descendre, rouler et tanguer et c'est désagréable comme apéritif. Nous pénétrons donc dans la petite baie qui s'avère à l'abri du vent et effectivement le canot arrête de
jouer au bouchon. Ancre mise à l'eau, nous cassons donc la croûte là, évidemment avec de la charcuterie corse ! Après quelques minutes de farniente nous relevons l'ancre et effectuons le tour de
cette petite baie : aucun point d'échouage en vue, rien que des amoncellement de roches sur le bord.
Un petit coin peinard pour la digestion se présente un peu plus loin au fond de
l'anse qui précède la punta Capicciola. Nous y abordons à 13h en relevant le moteur très tôt sur la lancée du bateau car, s'il y a bien du sable au fond de l'anse, ses abords sont bourrés de
caillasses très proches de la surface. Le bateau danse, nous préférons tirer l'ancre à terre pour ne pas voir fuir notre seul moyen de regagner nos peinates.
Une demie heure plus tard, récupération de l'ancre, poussée sur le bateau, embarquement en voltige et il faut mettre le moteur en position moyenne pour éviter les cailloux du fond. La
saloperie de petite pièce et son ressort trop faible font des leurs et, à la mise en route du moulin, le canot a dérivé et la trouille nous prend de saboter l'hélice (on nous a prévenu qu'à) la
moindre éraflure, faudra la remplacer .. à nos frais bien sûr !). Tout se passe finalement bien à part deux ou trois très légers chocs très discrets ... mais on reparlera !
Moteur recalé en position optimale nous passons la punta Capicciola puis remontons
au nord en suivant la côte. Nous doublons la punta di Pilatogu puis arrivons en vue de l'ile de Pinarellu. Méfiant sur les fonds entre le Capu di Fora et l'ile, nous contournons celle-ci au large
et entrons dans le Golfe de Pinarellu.(photo de gauche, nos copines les mouettes, photo de droite, entrée du golfe.
Nous effectuons une boucle dans le golfe en respectant le nombre
impressionnant de bouées dont nous ignorons l'usage. On aperçoit au nord-est l'ilôt Roscana située à l'entrée nord du golfe et repartons plein est vers le large. Au pied du Capu di Fora,
nous nous interrogeons sur la présence de ce que on appelerait parcs à huitres du côté d'Arcachon ou de Bouzigues.
Chouette, à la pointe ouest de l'ile de Pinarellu, une minuscule crique. Ce qui
nous a attiré l'oeil c'est ce panneau et la curiosité nous a poussé à voir ce qu'il raconte. Pas grand chose d'extraordinaire, juste l'indication "Site naturel protégé".
Petite trempette avant de nous remettre en route vers 14h30 car il nous reste du chemin pour rentrer à "u Benedettu" avgant 17h d'après les termes du contrat.
Effectivement, il nous faudra 1h10 pour nous retrouver au large de notre plage de
Cala Rossa (photo de gauche).
Depuis l'ile de Pinarellu, nous n'avons pas fait de détail, nous avons tiré tout droit, de cap à cap. Cela nous a probablement conduits à violer une règle de navigation pour les bateaux sans
permis : ne pas s'éloigner de la côte de plus de 300 m ... ce que nous apprendrons plus tard.
Quelques minutes après nous atteignons la crique au sud de notre plage favorite repérée le matin et y débarquons. Nous n'y resterons pas longtemps du fait de l'arrivée d'un rafiot comme le nôtre
d'où débarque un couple de nudistes très sans gêne. Le moteur fait des siennes pour la première fois du périple, il refuse de redémarrer et il faut tirer sur la ficelle une cinquantaine de fois
pour qu'il tousse enfin.
Il est 16h15 et il nous reste juste le temps de faire une visite rapide du
port de Porto-Vecchio dont on voit sur la photo de gauche la balise d'entrée. Un bateau de la SNCM est amarré à son débarcadaire; il assure paraît-il le service avec Marseille.
Nous poussons jusqu'à l'entrée du port de plaisance au pied de la vieille ville de
Porto-Vecchio sur sa colline (photo de gauche). Nous amorçons le retour avec beaucoup de prudence car dans cette partie du golfe traînent tout un tas de rochers affleurants et non signalés. Nous
passons juste en face du restaurant "Le Goëland" appartenant à un copain de Richard Filippi et où nous avons mangé un soir en 2006.
Il est 16h55 quand nous arrivons à U Benedettu où nous sommes attendus avec une
impatience manifeste.
Le fils du gérant effectue sa revue de détail de l'embarcation et détecte d'infimes bavures sur les trois pales de l'hélice : "il faudra voir çà avec mon père" nous dit-il. Nous lui racontons les
difficultés à redémarrer le moteur en suggérant qu'il avait dû avoir un peu chaud lors du retour direct depuis Pinarellu. Il ouvre de grands yeux plein de reproches en nous expliquant que nous
n'aurions jamais dû aller si loin !
Pas
envie de prévoir de repas du soir d'autant qu'il nous faut tout ranger dans le mobil-home et embarquer dès ce soir le plus gros de nos bagages vu que nous partons de bonne heure le
lendemain pour Bastia et le bateau du retour.
Vers 19h30, nous passons prévenir le gérant de Campo di Mare que nous ferons un saut chez lui plus tard dans la soirée pour régler l'histoire de l'hélice et filons à Porto-Vecchio trouver un
meilleur restau que celui de l'autre jour. Après deux tours d'exploration hésitante de la quirielle de restau-pizzeria du centre ville nous jetons notre dévolu sur "U Casteddu". Nous ne
serons déçus ni du repas ni de son coût, restau à conseiller ... enfin un !
En rentrant à Campo di Mare vers 22h15 nous prenons le café au resto et entamons la négociation hélice : si nous y passons un coup de lime douce et
repeignons l'hélice, nous sommes quittes ... sauf que nous décampons dans 5 ou 6h !!! Finalement nous lui laissons un chèque de 26 € pour couvrir l'achat d'une bombe de peinture et d'une de
vernis. Nous nous en tirons à bon compter ... le gérant aussi. D'après le contrat nous ne devions pas aller au delà de St Cyprien ... sauf que ce n'est écrit nulle part et que personne ne nous a
prévenu. Nous sommes donc pardonnés mais il semble bien que si nous remettons çà l'an prochain nous serons, cette fois, duement chapitrés !
Vite au dodo car nous devons démarrer avant 5h demain matin.
Par Nadine Denat
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